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Le voyage vers le temple cinématographique

A écouter en lisant cet article :

Parfois, nous sommes conduits dans les salles obscures sans savoir réellement pourquoi. Tout prédisposait au contraire : une bande-annonce provoquant un désintérêt profond du spectateur (désintérêt qui s'avèrera porté pour le film suivant la même bande-annonce : l'Etrange Histoire de Benjamin Button). Mais il arrive que vous parliez "cinéma" avec une amie (vous choisissez bien vos amis) qu'elle vous recommande ce film et que vous l'écoutiez avec raison.

Vous me direz, après une semaine de travail, rien de tel qu'un moment de détente et d'évasion.

Une fois, votre place en poche à un tarif exhorbitant (ceci est un scandale), vous faites la queue devant la salle. Là, une employée  de ce même cinéma, lasse et mal aimable, vous demande de dégager l'aire d'achat des confiseries ; c'est qu'il ne faudrait pas nuire au rendement de l'entreprise...

Noir complet...

Walt Kowalski, retraité des usines Ford, perd sa femme soudainement. Sa famille, incarnant la soif du matérialisme capitaliste, fera tout pour récupérer l'héritage du pater avant qu'il ne rende l'âme. Mais il lui reste sa maison, le fruit de toute une vie mais surtout sa voiture qui multiplie les envieux : une Ford Gran Torino modèle 1972.

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Le prêtre ayant enterré sa femme fera tout pour que Walt accepte de se confesser ; ce sera sans compter le franc parler de ce dernier. Dernier blanc du quartier, Walt est hostile à toute la communauté asiatique qui s'installe dans le quartier. Un jour, il protègera ses nouveaux voisins d'un gang. C'est alors qu'il retrouvera en eux l'humanité absente de sa propre famille.

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Je m'arrête là volontairement pour que vous ayez le plaisir de découvrir la suite par vous-même, si vous n'avez pas encore eu l'occasion d'aller le voir.

Un film riche en émotion

J'ai beaucoup ri pendant ce film (beaucoup plus que je ne l'aurais fait avec la comédie du moment, "Coco" - nanar en puissance apparemment) mais ai aussi été envahi de tristesse. Dans tous les cas, malgré le clivage des hommes instauré par les communautés (selon moi, le racisme est une corrolaire du communautarisme), une grande humanité se dégage du film. Walt Kowalski a en apparence tout pour déplaire, tout d'abord, de par son côté "vieil aigri". Cependant, se dégage à son attention une empathie intense et sincère.

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Rien est surfait ou surjoué : à bientôt 79 ans, notre papy conservateur américain dégage une classe certaine et une prestance n'ayant d'égale que son talent. Son rôle donne l'impression d'être taillé pour lui, pour qu'il puisse, en cela, se mettre en scène pour narrer l'histoire de toute une vie.

Gran Torino

Le titre du film, Gran Torino, s'avèrera finallement être l'allégorie de ce film. Puissance, beauté, sensiblité et simplicité demeurent les instruments essentiels à la réussite de ce film. Une voiture, symbole de virilité et de traversée de toute une vie. Laisser cette voiture (cette vie) mourir ou la transmettre pour qu'elle incarne un exemple à suivre, la pérennité de toute une vie ?

Le scénario (écrit par Nick Schenk et Dave Johannson) se veut loin d'être extraordinaire. La grandeur de ce film ne nait pas de cette simplicité narrative. Clint Eastwood, en tant que réalisateur et acteur, réussit à magnifier et personnifier ce film d'une manière à la fois unique et authentique.

Conclusion

Courrez voir ce film, si ce n'est déjà fait, avant qu'il ne soit déprogrammé. En   VOST  bien évidemment.

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