[extrait - RR]

Qui est Jacques Généreux ?

Jacques Généreux est un économiste français diplômé d'un DEA et d'un doctorat, engagé politiquement à travers son poste de secrétaire général à l'économie du Parti de Gauche (pour le coup, son patronyme ne le dessert pas).

L'esprit de Munich

Vous aviez à choisir entre la guerre et le déshonneur ; vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre." Winston Churchill, lettre à Chamberlain

Jacques Généreux utilise cette métaphore pour expliquer que les dirigeants avaient le choix entre faire la guerre à la spéculation financière et se soumettre aux marchés. Ils ont choisi la soumission, ils auront la guerre. Cela n'est pas vraiment surprenant qu'aucunes mesures contre la spéculation n'aient été prises puisque l'Europe est libérale dans sa chair de par sa naissance et qu'elle est liée intrinsèquement à la logique spéculative. J.Généreux nous explique que l'Europe a installé sa logique neo-libérale en déreglementant les marchés financiers, ceux-là mêmes qui sont responsables de la présente crise économique mondiale. L'asphyxie engendrée par la rigueur économique et sociale actuelle des gouvernements européens ne pourra que générer des conflits sociaux très importants.

Une Europe neo-libérale

L'Europe actuelle vit pour la libéralisation des marchés des capitaux sans aucunes restrictions puisque c'est à la fois son essence et sa finalité. La question de la responsabilité de l'Europe sur la puissance des marchés financiers est ainsi posée de par l'importance des pouvoirs transférés. Chaque Etat européen s'est dégagé de sa souveraineté économique vers l'Europe, laquelle l'a confié aux marchés des capitaux. La non-volonté de moraliser, c'est-à-dire de réformer, les marchés financiers tient de la nature même de l'Europe : un espace économique néo-libéral.

Une logique d'évitement du risque

A l'image des familles américaines expulsées de leur maison pour non-paiement de leur(s) crédit(s) immobilier(s) (subprimes) et des banques qui se sont dédouanées de tout risque en titrisant les prêts immobiliers dans le but de les diluer dans tous le marché financier planétaire, les citoyens doivent payer le prix des éclatements des bulles spéculatives. Cela suit une règle universelle "les derniers maillons de la chaîne paient pour les autres".

Que fallait-il faire ?

J. Genereux soutient l'idée qu'il aurait fallu laisser les banques mondiales faire faillite tout en protégeant les entrepreneurs et les ménages via une banque publique. Cela aurait permis de décourager les spéculateurs obsessionnels, en leur faisant bien comprendre qu'ils ne pouvaient compter sur le remboursement de leur dette privée par la dette publique de l'Etat. J. Généreux pense que le gouvernement grec aurait dû refuser de payer la dette provoquée par les actifs pourris, ou du moins partiellement sous condition d'un taux d'intérêt limité. Cependant, décourager les spéculateurs obsessionnels de jouer avec les Etats européens ne ferait que déplacer le problème vers des pays plus pauvres où certains s'amuseraient à jouer sur le cours des matières premières sans la présence véritable de contraintes (un peu comme l'attitude colonisatrice de certains pays envers les pays plus pauvres possesseurs de matières premières).

La source profonde de la crise

J. Généreux, et c'est une évidence, note que depuis 30 ans, la répartition Capital/Travail s'est inversée au profit du Capital. Ceci renforce les bulles spéculatives. En effet, la dérèglementation des marchés favorisent les bulles financières spéculatives tandis que l'appauvrissement des ménages engendre des bulles spéculatives immobilières. La spéculation n'est pas un mal en soi puisqu'elle est pratiquée par tous les individus, le problème est la démesure engendrée par la magie des exponentielles. L'échelle joue ici un rôle majeur.

Indépendamment de toute logique partisane, on peut aisément reconnaître que la droite et la gauche actuelle se confondent étant donné leur plébiscite commun pour le système actuel, malgré les semblants de différences affichés. En dehors de la responsabilisation et de la conscientisation des masses, il serait plus sain que le parti de "l'opposition" mérite son nom.

Source

Je vous laisse en compagnie de Jacques Généreux dont vous apprécierez sans doute le talent d'orateur.

Poursuivre votre lecture sur le site