Un soir, en zappant, je suis tombé par hasard sur le début de la rencontre Afrique du Sud / Uruguay du mondial de foot 2010. Les commentateurs de Canal + étaient fiers de leur nouveau filtre  anti-vuvuzela (blocage d'une fréquence sonore précise), s'amusant à l'activer et à le désactiver. Comme vous le savez, le vuvuzela (vuvu : onomatopée du son produit par l'instrument / zoulou : faire du bruit) est une corne d'un mètre très utilisée par les supporters africains. Mais voilà que dans notre société lisse de la bienpensance, on ne peut tolérer un instrument qui revêt d'une culture locale, aussi bruyant soit-il. La censure entre alors en jeu avec un certain relent de colonialisme. Les pays occidentaux décident de la bonne façon d'agir ; prenant ce qui les intéressent, rejetant ce qui les dérangent.

Pourquoi ne pourrait-on pas accepter d'emblée un évènement avec ses composantes positives ET négatives ? La perfection recherchée dans chaque chose, par définition, empêche tout progrès, toute évolution. En supprimant un élément dérangeant, on supprime, par la même, toute contestation, c'est-à-dire toute capacité à critiquer et à remettre en cause son propre environnement. Mais non, nous préférons cacher nos problèmes pour s'auto-persuader que ceux-ci n'existent pas. C'est la raison pour laquelle la RATP a déployé ses bancs anti-clodaux, que la Mairie de Paris fait disparaître les bancs publics, que les entreprises disposent de pièges anti-SDF. Tous ces dispositifs anti-SDF sont autant de filtres hypocrites que l'on place sciemment ou non afin que l'Histoire s'arrête sur cette société totalitaire.

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