[by thw05 - CC-BY-SA]

Un prétexte

Sous le prétexte d'une menace terroriste nucléaire, Barack Obama souhaite créer un consortium pour limiter le nombre d'ogives nucléaires sur le Globe. De par la complexité de notre monde et l'engagement des Etats-Unis à attaquer certains pays du Moyen-Orient, il est légitime d'aller au-delà des apparences. Il parait évident que les terroristes que combattent les USA ne peuvent avoir accès à la bombe nucléaire tant la maîtrise technologique est grande. Et, de ce fait, ces terroristes disposent que de moyens rudimentaires, tout aussi efficaces : à commencer pour l'usage de la chair humaine (i.e kamikazes).

Le nucléaire civil

Alors pourquoi l'actuel préseident des Etats-Unis veut-il à ce point désarmer le monde alors qu'il est un de ses principaux belligérants ? Dans notre beau monde capitaliste, l'argent reste une valeur déterminante. Se positionner sur la régulation du nucléaire, c'est apporter également une certaine crédibilité sur le terrain du nucléaire civil. L'énergie est une donnée essentielle pour une nation ; sa maîtrise, une obligation. De nombreux pays en voie de développement vont naturellement avoir besoin de contrôler leur énergie en disposant de leurs propres centrales nucléaires civiles. Les contrats se chiffrant à plusieurs milliards de dollars, le plan de communication d'Obama prend alors un tout autre sens.

Le glaive et le bouclier nucléaires

Cependant, les USA savent très bien que le vrai danger se situe au delà de l'épouvantail Al-Qaïda. Des pays comme l'Iran, la Corée du Nord, la Chine constituent une menace beaucoup plus sérieuse. A ce propos, la propension de l'Homme à envoyer une bombe exterminant son prochain me surprendra et me désolera toujours autant. Les rapports de force sont tels que la dissuasion nucléaire a évolué. Il ne suffit pas de disposer de centaines d'ogives nucléaires, il faut désormais une défense contre ces missiles en cas d'attaque. Etrange façon de régler le problème. Si la France est attaquée et que, par riposte, nos ogives nucléaires attérrissent sur des bunkers anti-atomiques, on sera vite limité en terme de dissuasion nucléaire massive. Raison pour laquelle les américains travaillent depuis des décennies sur une technologie de défense nucléaire, pour posséder ce qu'on appelle le glaive et le bouclier nucléaire.

Un bouclier laser

Son nom est l'AirBorne Laser (ABL). Un article très intéressant du Monde papier paru le mardi 20 avril 2010 et écrit par le scientifique Bernard Lavarini intitulé La dissuasion selon Obama détaille cette technologie. L'ABL, à une vitesse de 900 km/h est capable de détruire (uniquement pendant sa phase ascendante) une ogive nucléaire se déplaçant à 20 000 km/h (6 km/s) grâce à un faisceau laser d'une puissance de 1 MW se déplaçant lui-même à 300 000 km/s. Le bouclier nucléaire de Bush n'était donc pas complètement abandonné : seul le medium a changé (un avion en lieu et place d'un satellite).

L'arme ultime ?

Le monde est sous la surveillance d'une menace nucléaire imminente, et ce, en temps réel, grâce aux satellites du DSP (Defense Support Program). L'essai du mardi 11 février 2010 a été un véritable succès ; en quelques secondes l'ABL, via son laser embarqué dans la tourelle d'un Boeing 747 modifié, a pu se focaliser sur le missile et le détruire. Le moment est historique. Mais alors, comment rivaliser face à l'ABL ? L'idée pourrait être de le saturer en lançant une multitude de missiles mais la rapidité du bouclier laser et la capacité de riposte immédiate permettront d'y faire face sans difficulté.

Aller vers un monde sans armes nucléaires [...] c'est aussi faire de la rhétorique pour préparer les opinions publiques à une éventuelle intervention des Etats--Unis contre les sites nucléaires iraniens. (Bernard Lavarini)

La stratégie des Etats-Unis est simple. Il s'agit d'attaquer certains pays pour avoir la main mise sur les dernières réserves de pétrole et d'opium, tout en empêchant toutes représailles de la part de régimes non-démocratiques. C'est un combat de tous les instants pour demeurer, encore quelques décennies, le pays le plus puissant du monde.

Dans la course aux armements engagée avec la Chine, le tir réussi du 11 février 2010 est une réponse aux démonstrations chinoises antisatallite du 11 février 2007 et antibalistique exoatmosphérique du 11 janvier 2010 (Bernard Lavarini)

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