GNU et Linux enfin réconciliés [by notfrancois - CC-BY]

Prise de conscience

Si vous me suivez depuis quelques temps, vous avez sans doute compris que j'étais de plus en plus attiré par le monde du logiciel libre. J'avais en effet écrit un billet sur l'article  de Richard Stallman intitulé "En finir avec la guerre contre le partage". Cette prise de conscience m'a décidé de passer Batou.fr sous la licence libre Art Libre. Depuis, vous avez sans doute remarqué que je ne vole plus les images sur Google Images. En effet, je préfère illustrer mes articles avec des images provenant de licence libre et le mentionner systématiquement.

Pourquoi s'intéresser au Logiciel Libre ?

Cela peut paraître assez paradoxal : plus on s'intéresse au monde du logiciel libre, plus on désire respecter le droit d'auteur. Mais finalement, cela s'avère être parfaitement cohérent. Ce qui me plaît avant tout dans le monde du Logiciel Libre est la philosophie du mouvement. Je désire qu'un programme soit transparent, que certains puissent l'améliorer librement, que celui-ci soit le plus ouvert possible en terme d'interopérabilité. C'est la raison pour laquelle j'ai de plus en plus de problème à me tourner vers les logiciels fermés (Stallman parlent de logiciels privateurs). Je n'achèterai jamais un produit Apple pour cette raison : obligation de passer par iTunes, produit ultra fermé, achats (musiques, applications) depuis une plate-forme centralisée, formats ouverts non supportés...Finalement, Apple suit le même chemin de Microsoft en proposant des produits verrouillés et très fermés en misant un maximum sur leur campagne marketing.

S'intéresser au monde du Libre, c'est donc vouloir préserver sa liberté d'utiliser un produit et ne pas se voir imposer une quelconque façon de faire.

Une histoire d'imprimante...

stallman_board.jpg

Stallman et l'enfance... [by ilovemypit - CC-BY]

L'objet de cet article est la publication récente d'une biographie autorisée sur Richard Stallman (RMS) : Richard Stallman et la révolution du logiciel libre. RMS est le père-fondateur du projet GNU, qui a entre autres donner le système d'exploitation associé au noyau Linux, j'ai nommé GNU/Linux. La lecture de cette biographie nous apprend que Richard Stallman s'est tourné vers le Logiciel Libre par un simple déclic. A 27 ans, programmeur au labo IA de MIT, Richard rencontre un souci avec une imprimante Xerox et une histoire de bourrage papier. Il souhaite bidouiller lui-même l'imprimante, mais Xerox ne fournit pas le code source. RMS finit par demander une copie du code source à un chercheur la possédant mais ce dernier le lui refusa car ayant signé un accord de non-divulgation. Cet épisode a déclenché chez Stallman une prise de conscience quant à l'éthique du Logiciel Libre. Si vous appréciez la philosophie du Libre, vous avez surement certains facteurs déterminants qui ont influencé vos choix ou eu à un moment donné ce genre de déclic.

3 catégories de copyright

La biographie de Stallman nous en apprend un peu plus sur son enfance d'élève surdoué ayant comme principales caractéristiques un refus de toute autorité, une importante soif de connaissances à étancher associée à un sentiment de solitude important. Par la suite, un point sur la pensée de Stallman est soulevé. Au cours d'une interview  de Sam Williams dans un restaurant chinois, RMS révèle sa pensée sur le copyright. Selon lui, trois familles existent :

Catégorie "fonctionnelle"

  • Oeuvres : logiciels informatiques, dictionnaires, manuels
  • Droits particuliers : droit de modifier librement
  • Droits communs : liberté de copier et de distribuer de manière non commerciale

Catégorie "témoignage"

  • Oeuvres : documents historiques et scientifiques, autobiographies
  • Droits particuliers : droit de modifier selon le désir de l'auteur
  • Droits communs : liberté de copier et de distribuer de manière non commerciale

Catégorie "art et divertissement"

  • Oeuvres : musique, films, etc...
  • Droits particuliers : droit de modifier selon le désir de l'auteur
  • Droits communs : liberté de copier et de distribuer de manière non commerciale

stallman_girls.jpg

Geek : succès garanti [by friprog - CC-BY-SA]

Les droits particuliers des deux dernières catégories révèlent l'attachement de Stallman à la notion de Droit d'auteur. Seule la création inaliénable de l'oeuvre appartient à son auteur. Comme son nom l'indique, sa publication l'amène dans le domaine public, ce qui fait que tout un chacun doit être libre de le distribuer comme il le souhaite.

En cela, RMS préfère utiliser le terme de "logiciel privateur" plutôt que de "logiciel propriétaire" pour parler des logiciels "non libres" car la notion "propriétaire" induit qu'un logiciel libre ne serait pas propriétaire alors que celui-ci appartient toujours à l'auteur. Le terme "privateur" révèle, quant à lui, assez bien la non-liberté du logiciel pour l'utilisateur.

"Pour moi, une loi qui interdit de partager avec des amis a aussi peu de fondement moral que les lois Jim Crow [NDR : lois sur la ségrégation raciale] ; elle ne mérite pas qu’on la respecte." (Richard Stallman)

Stallman, hacker

Le terme "hacker" est largement galvaudé de nos jours. Rappelons que le terme est à l'origine un synonyme de "bidouilleur", personne modifiant à loisir un programme pour l'améliorer et faire partager le fruit de son travail à l'ensemble de la communauté. Les médias de masse ont depuis largement terni cette image en associant le terme "hacker" au pirate informatique détruisant les systèmes informatiques par simple et unique intention de nuire (cracker ou black hat hacker). Et je ne vous parle pas de l'amalgame qui existe entre hacker/pirate informatique et Mme Michu téléchargeant un mp3 copyrighté sur un quelconque client P2P...Stallman fait partie de cette communauté des hackers, si vous vous souvenez de l'histoire de l'imprimante Xerox, il s'agissait exactement de cela.

Lire la seconde partie de l'article

Poursuivre votre lecture sur le site