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[by masochismtango - CC-BY-SA 2.0]

Free décroche la 4ème licence 3G in extremis

C'est la nouvelle qu'on n'attendait plus, surtout après que notre Président ait essayé d'aider son ami Martin Bouygues par tous les moyens possibles : Free vient de décrocher la 4ème licence de téléphonie mobile (3G). C'est l'ARCEP, l'autorité de régulation des télécom, qui a trouvé la demande recevable du seul candidat en lice : Free.

Cette licence a coûté 240 millions d'euros à Free (sur les 1,3 milliards d'euros d'investissements total) et lui permet d'avoir un tiers (soit 5 Mhz) de la bande de fréquence de 2,1 Ghz. L'Arcep avait en effet décidé de réserver le premier tiers à un nouvel entrant et de laisser les deux autres tiers ouverts aux concurrents.

Présentation de l'offre Free Mobile

PC INpact a épluché le compte-rendu de l'Arcep :

  • Pas d'engagement

Comme son nom l'indique, Free s'engage à ne pas proposer des forfaits avec engagements de 12 ou 24 mois mais compte sur ses propres atouts pour attirer et garder le chaland.

  • Pas de subvention

Nous n'aurons pas de subventions des téléphones portables puisque les offres sont sans engagement. Cependant, le prix du terminal pourra être échelonné, amorti sur plusieurs mois.

  • Respect de la Neutralité des réseaux / Offres lisibles et non trompeuses

C'est un point très intéressant et qui place la politique de Free à l'encontre de ses concurrents. Free veut respecter la Neutralité des réseaux et ne pas censurer tel type de flux plutôt qu'un autre. Ainsi, la VoIP sera disponible (ce qui n'est pas le cas aujourd'hui) sur les clés 3G mais également hypothétiquement tout type de trafic (P2P par exemple). On est donc ici loin de l'attitude puante et mercantile des autres opérateurs proposant un Internet mobile illimité, qui n'a rien d'Internet (et tout du Minitel) et rien d'illimité (quota de données). Free réduira le débit après un certain quota, tout n'est donc pas parfait, mais l'effort mérite d'être salué.

  • Offres quadruple-play

Les freenautes pourront migrer facilement leur forfait triple-play en quadruple-play pour ajouter après l'ordinateur, la télévision et le téléphone, un 4ème terminal : le téléphone mobile. Free pourra donc s'appuyer sur ses 4,42 millions d'abonnés (Free + Alice) pour vendre facilement son offre téléphone. Parallèlement, Free récupèrera les abonnés mobile Orange / SFR / Bouygues Telecom qui ne sont pas abonnés en triple-play chez Free. On comprend que le cartel en place fait tout son possible pour saboter l'arrivée de Free.

  • Services de géolocalisation / paiement par mobile

La mobilité a pris un essor considérable ces dernières années. Le téléphone portable a évolué vers un terminal permettant d'accéder à Internet et aux services qui y sont associés, gourmands en bande passante comme la télévision. Les besoins ont et vont fortement évoluer, c'est la raison pour laquelle Free a décidé de prendre le train en marche, pour ne pas rater l'énorme opportunité que représente ce marché. D'autant plus que dans un proche avenir, Internet équipera bon nombre d'objets de notre quotidien comme notre maison (la domotique) ou notre voiture. Et en ce sens, Google a déjà tout compris. 95% des français étant équipés d'un portable, celui-ci incarnera un terminal qui accompagnera chaque individu lui permettant de rester connecté au Réseau à tout moment et en tout lieu ; l'état de dépendance vis-à-vis d'Internet ne fait que naître.

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[by MEDEF - CC-BY-SA 2.0]

  • Espace mémoire

L'abonné aura la possibilité de gérer son propre espace de stockage.

  • Accès au Wifi communautaire Free + hotspots publics

Free a planifié sa couverture voix de la manière suivante :

- 2 ans : 27%

- 5 ans : 75%

- 8 ans : 90 %

... et sa couverture data (3G) :

- 2 ans : 25 %

- 5 ans : 69 %

- 8 ans : 83 %

On voit ainsi très facilement que Free souffrira de sa couverture au niveau national et à plus fort raison dans les zones urbaines, par la difficulté à recevoir des autorisations pour poser des antennes. Pour pallier à cela, Free a déjà indiqué qu'il louera la couverture d'autres opérateurs. En effet, pour pouvoir bénéficier de ce droit d'utiliser le réseau 2G de ces concurrents pendant 6 ans, Free doit couvrir au moins 25 % du territoire national d'ici 2 ans.

Free souhaite donc assurer la couverture des ses abonnés en passant par les réseaux Wifi public et communautaire. Mais pas seulement, une autre technique pour améliorer la couverture serait d'implémenter des flem-to-cells dans la prochaine génération de la Freebox (v6). Enfin, Free est toujours détentrice d'une licence Wi-Max qui ne demande qu'à être utilisée pour améliorer la couverture voix/data.

  • Type de forfaits

Free Mobile proposera 3 gammes de forfait : pré-payées, post-payées et clé 3G selon les besoins des abonnés. L'annonce d'un forfait 3H à moins de 20 euros a été vivement critiqué car certains opérateurs virtuels proposent déjà l'équivalent. Toutefois, il est évident que Free ne veut pas jouer toutes ses cartes dès maintenant tant l'effet d'annonce le moment venu sera déterminant. Pour séduire les non-abonnés Free, l'opérateur a choisi d'implanter des boutiques physiques sur le territoire français mais en passant par des réseaux de revendeurs tels que ThePhoneHouse.

  • Accueil des MVNO

Free est né de la concurrence et entend bien ne pas lutter contre. C'est ainsi que Free Mobile a décidé d'ouvrir son propre réseau à 4 MVNO maximum (Mobile Virtual Network Operators). Ces opérateurs virtuels pourront alors louer le réseau Free pour proposer leur propre forfait. En cela, Free, en promouvant la concurrence, dynamise le marché et crée des emplois.

Martin Bouygues avait déclaré pour Les Echos :

Si le gouvernement autorise un nouvel entrant à venir faire de l'ultra-« low cost » dans le mobile, il prend une lourde responsabilité. À terme, une guerre des prix peut provoquer de 10 000 à 30 000 pertes d'emplois chez les opérateurs. Ce sont des choix lourds de conséquences, surtout s'il s'agit de favoriser quelqu'un qui n'investit pas !

Puis dans le Figaro :

Bouygues Telecom a gelé toutes ses embauches depuis le lancement de l'appel à candidatures.

Et je ne parle pas des plaintes contre l'Etat de Bouygues et SFR auprès du Conseil d'Etat qui conteste la décision de l'Arcep, mais ils ont peu de chance de recevoir le moindre dédommagement.

Conclusion

Il faudra attendre le début de l'année 2012 pour voir naître les premières offres de Free Mobile. En attendant, Free ne risque pas de chômer pour mettre en place son infrastructure. Enfin, à côté de cela, Free continue à déployer la fibre optique jusqu'aux appartements, ce qui lui coûte en parallèle tout de même plus d'un milliard d'euros.

Nous, consommateurs, restons les grands bénéficiaires des actions du trublion Free.  Free (le concept des Box à 30 euros) a révolutionné le paysage Internet ADSL et ce serait une bonne chose que ce schéma s'applique également sur le terrain de la téléphonie mobile. Pour survivre, le tout est de savoir évoluer...Chez Free, ils ont Tout compris !

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