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Machinarium – Peinture sur rouille

Pour les amateurs de petits jeux réalisés par des indépendants, je vais parler aujourd'hui de Machinarium. Ce joli petit jeu sorti il y a un mois environ, développé par Amanita Design, tente de prouver que le style "point & clic" n'est pas mort. Pari tenu ?

Un emballage prometteur...

Ce qui frappe de prime abord en lançant le jeu (ou en consultant quelques images à son propos sur le net !), c'est son graphisme particulier. Loin de suivre la mode actuelle du toujours-plus-réaliste, Machinarium s'inscrit plutôt dans une démarche poétique et légère. Chaque "salle" du jeu semble avoir été réalisée sur un feuille de papier A3, au crayon à papier et à l'aquarelle. Le rendu est très doux, agréable à l'oeil et reposant. Pour un jeu de réflexion comme celui-ci, ces choix sont particulièrement pertinents : ils incitent au calme et à l'observation.

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Penchons nous sur la musique maintenant. Très effacée, elle tend davantage vers une bande sonore d'ambiance que vers une musique de jeu vidéo classique. La aussi, le parti pris est original. Pas de grandes compositions assomantes et envahissantes dans Machinarium ! Loin de là, durant toute l'aventure, nous sommes portés par le soufle du vent, le cliquètement des métaux et autres grincements d'articulations de vieux robots mal entretenus et arthrosés. Plutôt sympathique, mais un peu trop discret à mon goût. Pour rester dans l'esprit classe et éthéré et vaporeux du jeu, une simple petite bande classique (piano, violon, etc.) n'aurait pas été de refus. Mais ce n'est là qu'un maigre reproche, j'ai la fâcheuse tendance de pinailler 😉

... pour un contenu décevant.

Hélas, après une ou deux heures de jeu, on doit se rendre à l'évidence. Le jeu est certes beau et délicieusement aérien, mais il lui manque une composante essentielle... Je parle de l'originalité !

En effet, avec cet emballage surprenant et séduisant, je m'attendais à quelque chose de beaucoup plus déconcertant, et remarquable. Mais l'intrigue est linéaire, les salles se suivent... et se ressemble. On perd vite l'envie de poursuivre l'aventure, l'ennui se faisant sentir. D'autant que les décors si fins, semblent finalement bien fades Le contraste entre la forme prometteuse et le fond plat du jeu n'en est que plus cruel.

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Et que dire de l'histoire qui est censée nous faire traverser ces niveaux si linéaires ? Rien de bien folichon de ce côté là non plus. Un robot, jeté à la décharge, tente de s'en sortir, de retrouver sa bien aimée, et de se venger des responsables de son triste sort. Okay, ce n'est donc pas ici non plus que l'intérêt pour Machinarium sera ravivé.

Alors, pari tenu ?

Je pense que vous l'aurez compris à la lecture des deux paragraphes précédents : selon moi, le pari est loupé. Il était audacieux, de vouloir ranimer le genre du point & clic, mais pour obtenir un résultat plus convainquant, il aurait fallu créer un contraste entre l'ambiance éternelle et immuable du décors et de la musique, et une action plus trépidante, et surprenante.

Dommage donc, pari raté pour cette fois. Développeurs à suivre cependant, les projets à venir pourraient se révéler intéressant. Machinarium était en effet loin d'être dénué de charme... En attendant amateurs d'originalité et d'innovation, reprenez vos grand classiques, tels que Braid, World of Goo, ou encore Plants vs Zombies !

Images issues du site officiel de Machinarium.

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