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La crise d'un système ?

La crise passe et sur son chemin, le monde trépasse. La crise financière de 2008, a entrainé l'injection de centaines de milliards de dollars dans le système pour le sauver de sa propre destruction. Qui aurait pu accepter 2 mois avant la crise que l'ensemble des Etats du monde fasse don de cette manne financière sur le dos du contribuable qui plus est ? Personne, mais en temps de crise, tout est possible.

Voici une interview (par John Paul Lepers) de l'écrivain Naomi Klein qui montre son point de vue sur la crise et sur l'évolution du capitalisme à l'occasion de la publication de son dernier livre : La  Stratégie du Choc (Actes Sud).

Partie 1 : un capitalisme cyclique

Alors que retenir de la part de Naomi Klein, excepté son charme (!) ?

Le neoliberalisme (l'auteur y préfère le terme de Corporatisme) fonctionne par cycles :

  • Privatisation des profits (bulles spéculatives suite à la dérégulation financière)
  • Nationalisation de la dette et du risque par l'Etat

Cette crise fait partie de la nature cyclique du capitalisme actuel. Le système n'est pas en crise, nous vivons simplement son cycle descendant.

Le système est centré sur l'intérêt des multinationales et non plus simplement du concept de libre-marché. L'intérêt des multinationales s'avère être le libre-marché quand la spéculation est possible ou la nationalisation des dettes par l'Etat en temps de crise.

Un exemple de la stratégie du Choc est relaté avec le cyclone Katrina aux USA : l'Etat en abandonnant ses obligations (digues, transport...) a laissé la ville être submergée dans le but d'installer une situation de crise. Crise permettant de privatiser l'école ou de supprimer les logements sociaux, choses qui n'auraient pas pu être possible autrement.

En France, nos avantages sociaux sont en train de disparaître (retraites, soin gratuit pour tous, aides diverses...).

Partie 2 : comment les multinationales profitent de la crise


Pour Naomi Klen, notre omniprésident Nicolas Sarkozy renvoie au peuple ce qu'il a envie d'entendre.

Les entreprises doivent faire du bénéfice à tout prix. Les hommes politiques, élus par le peuple doivent fixer des règles pour limiter les abus du secteur privé et préserver les intérêts du peuple. Au lieu de ça, ils marchent main dans la main avec les firmes multinationales pour servir les intérêts de ces dernières, qui sont aussi les leurs. L'Etat, anciennement symbole du secteur public, n'en porte désormais plus que le nom.

Autre exemple des effets gratifiants de la crise : celle-ci permet d'une certaine façon de contourner les lois d'un Etat. Comme la loi anti-trust (anti-abus de position dominante) empêchant certaines entreprises de fusionner. On a récemment pu observer toutes les fusions qui ont pu être opérées à la suite de cette crise. La crise ne correspond donc encore une fois non pas à la fin du système mais simplement à son cycle descendant.

Partie 3 : le New Deal


Cette représentation du monde est donc très marxiste (cela n'empêchant pas Naomi Klein de ne pas être communiste). Une lutte des classes entre les multinationales et le peuple. Les multinationales ont réussi à renvoyer l'image de leur toute-puissance, pour rendre le système non-renversable, d'autant plus qu'elles possèdent l'aval des Etats.

Comme le disait Marx :

L'histoire de toute société jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire de luttes de classes.

Enfin, Naomi Klein propose une réponse démocratique en faisant pression sur l'Etat pour qu'existe un second "New Deal". Un Etat interventionniste qui agirait en faveur des plus démunis tout en régularisant le secteur financier.

Conclusion

Cette stratégie du Choc permet de mieux comprendre dans quel monde nous vivons en proposant un  regard alternatif. L'intervention de l'Etat permettait auparavant d'augmenter les avantages sociaux et réguler le système. Le neolibéralisme s'est servi de cet interventionnisme pour le détourner et ainsi servir ses intérêts (et éponger ses dettes).

Il ne faut donc pas se tromper : le système actuel n'est pas en crise, bien au contraire, c'est le pouvoir du peuple qui l'est, en ne prenant pas conscience que sa vie n'est qu'un combat pour préserver ses propres intérêts sociaux.

Merci à LaTéléLibre !

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