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Free mobile : la fin d'un commencement

On y croyait encore malgré les nombreux rebondissements, mais, selon le Canard Enchaîné, le Président Nicolas Sarkozy a préféré mettre les choses au clair : la 4ème licence 3G permettant à Free de devenir premier opérateur mobile alternatif n'a plus de raison d'être.

Free, via cette licence, voulait proposer des prix agressifs (et donc attractifs) en terme de téléphonie mobile et bousculer le cartel en place (Orange - SFR - Bouygues Telecom). Visiblement, la triple-entente tarifaire a encore de beaux jours devant elle et le consommateur pourra encore payer longtemps ses 2H de communication mensuelle 40€ !

La méthode Sarkozy

Comment priver Free de cette licence ? En divisant la licence en blocs pour que ceux-ci soient "accordés à des bénéficiaires choisis, notamment, en fonction de leur solidité financière et de l'étendue de leur réseau" (dixit le Canard Enchainé), en d'autres termes, à l'oligopole en place depuis de nombreuses années.

Je pensais naïvement que le gouvernement était (ultra-)libéral et qu'il soutenait la libre concurrence du marché de l'offre et de la demande, mais visiblement, le pouvoir permet de s'affranchir de certaines règles (lois) et permet de multiplier les cadeaux de remerciement faits aux amis (Martin Bouygues est un ami personnel du Chef de l'Etat).

Le deal a été pour le moins très simple : les opérateurs paient une partie de France Télévisions (taxe de 0,9%) en échange de quoi notre cher Président se débarrasse de l'enquiquineur de service. La réflexion autour de cette proposition n'a pas été bien longue en vue des bénéfices qu'ils peuvent continuer à s'octroyer.

Réaction de Xavier Niel

Xavier Niel, actuel Vice-président du conseil d'administration, Directeur général délégué à la stratégie d'Iliad (maison mère du FAI Free)  et actionnaire majoritaire (66% du capital d'Illiad) s'est récemment prononcé, lors d'une interview accordé au magazine Capital, autour de l'actualité du FAI.

Profitons-en pour savoir ce que pense le trublion des télécoms par rapport aux trois sujets brulants :

Taxe des télécoms pour financer France Télévisions

"En France, on ponctionne les secteurs qui marchent au profit de ceux qui peinent. C'est bizarre, venant d'un libéral comme notre président. On n'a pas eu le courage d'augmenter la redevance, mais ce sont bien les consommateurs qui paieront, avec l'illusion que ce n'est pas l'Etat qui ponctionne"

Loi Hadopi, dite Création et Internet

"Nous avons d'abord envie de nous battre contre la loi Hadopi, qui crée une Haute Autorité de lutte contre le piratage sur Internet. Un organisme destiné à donner des coups de bâton sur les doigts des Français"

"Économiquement, cela n'a aucun impact sur nous, mais certaines de ses dispositions nous paraissent liberticides. Car ce qui se dessine, en dépit de l'opposition de la Commission nationale de l'informatique et des libertés, du Conseil d'état et du parlement européen, c'est bel et bien le flicage systématique de nos abonnés".

Free Mobile

Xavier Niel veut "créer un opérateur trois, quatre, cinq voire dix fois moins cher que les autres"

Free passe à l'offensive (changement de stratégie)

Ainsi, Xavier Niel (voyant la licence mobile lui échapper), en se positionnant sur la loi Hadopi, compte bien forcer le gouvernement à revoir sa politique d'attribution de la 4ème licence 3G. En médiatisant les travers de la loi Hadopi et la volonté gouvernementale d'écarter Free de la téléphonie mobile, à travers des pétitions rassemblant des centaines de signatures de ces abonnés, le fondateur de Free compte bien réagir et ne pas accepter docilement la sentence.

L'heure n'est plus donc à la signature des accord Olivennes et autres joyeusetés en espérant que l'Etat s'annonce favorable vis-à-vis de l'attribution de cette licence, mais bel et bien d'attaquer le projet majeur de la ministre de la Culture, Christine Albanel, à savoir la loi anti-piratage, dans le but de faire pression sur le gouvernement et ainsi renverser les rôles.

L'avenir

Free est donc de retour. Même s'il s'agit de défendre ses propres intérêts économiques, l'internaute (en l'occurence, le freenaute) s'en voit également défendu.

Le gouvernement doit donner sa réponse sur l'attribution de la 4ème licence 3G en septembre. Nous verrons d'ici là si la stratégie de Xavier Niel aura porté ses fruits.

L'Etat devra-t-il reconsidérer Free par rapport à l'attribution de la licence mobile si celui-ci menace de saboter la loi Hadopi, attendue par beaucoup ?

Sources

Numerama : Sarkozy fera blocage à la licence 3G de Free et Free s'opposera à la loi Hadopi !

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